La Sogerma
A l'heure où prenait fin la semaine du développement durable, quelques centaines de manifestants se sont réunis ce samedi 3 Juin 2006 sur les marches du théâtre du Pin Galant à Mérignac pour l'opération Mérignac, Ville en colère, ville solidaire,
Soutenus par les organisations syndicales, les élus et représentants des institutions locales, ils étaient là pour tenter de sauver ses emplois.
Extrait de l'article Sud-Ouest du lundi 5 Juin 2006 :
« Le député-maire PS Michel Sainte-Marie était là avec une grande partie du Conseil municipal, y compris l'opposition de droite représentée par Thierry Millet. Alors qu'Alain Anziani, adjoint à la politique de la ville rappelait qu'il était du devoir des élus « de travailler chaque jour à la sauvegarde du site », l'élu UDF s'inquiétait de ce qu'on s'en prenne à « une activité qui n'est pas du passé »
Le groupe international Eads a prévu la fermeture (voir l'article du figaro par Céline Edwards-Vuillet -15 mai 2006 - Rubrique Entreprises) de son siège social, le plus gros de ses 12 sites, spécialisé à l'origine en maintenance aéronautique. La Sogerma-Mérignac emploie 1050 salariés et fait vivre quelques 5000 personnes sous-traitants et commerçants de la zone.
Patrimoine économique
C'est une part du patrimoine économique qui va s'effondrer. Ce site existe* depuis 1937, date de la création de la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO). En 1949, appelée alors la Société Française d'Entretien et de Réparation de Matériel Aéronautique (SFERMA), elle se transformait en Société Girondine d'Entretien et de Réparation de Matériel Aéronautique au début de l'année 1970.
Les activités de la société sont diversifiées et nécessitent des compétences pointues et multiples allant de la maintenance des voilures des ATR, à l'équipement de cabines de luxe.
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La fin d'une histoire
Michel a suivi la voie de son père et de son grand-père qui ont construit leurs vies autour de cette industrie. Abandon de l'Europe? C'est le sentiment qui habite ce câbleur à la SOGERMA qui voit son entreprise manipulée par l'Europe voire par un patron Allemand qui souhaiterait favoriser les entreprises de son territoire.
Pourquoi Michel regarde-t-'il l'Europe avec cette oeil? Parce que les procédures légales d'attribution de marché dans un cadre européen ont fait perdre SOGERMA, au profit du critère prix, et non pas du savoir-faire**, parce que les attributions des marchés de la Défense française se font dans les bureaux sous la contrainte financière et les enjeux politiques internationaux, parce que l'homme pèse finalement toujours aussi peu face aux milliers d'euros d'investissements.
Une société durable
Mais qu'en est-il de cette société durable que nous devrions construire? S'il s'agit de protéger l'environnement, alors l'emploi en fait partie. La question se pose de notre rapport à la valeur du travail qui, par force de logiques capitalistes et bureaucratiques, est de plus en plus en péril.
* (source : http://caea.free.fr/fr/historiqueaerobx.html)
** c'est une entreprise Portugaise qui a obtenu le marché, et par manque de compétence, sous-traite auprès de la Sogerma.

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